Guimet : et si vous essayiez le bonheur ?
Expériences

Guimet offre une expérience unique. Les œuvres dégagent une rare sérénité
qui nous donne le sourire et un petit sentiment de plénitude.
Un des meilleurs musées pour simplement se sentir mieux.

 

Ghislain (44), Amélie (40) et Romane (9)
Equipement : Canon Eos 550D

 

Je connais Guimet, le musée national des arts asiatiques depuis une vieille expo consacrée aux trésors de Bactriane en 2007. J’avais adoré cette histoire si étonnante de ces gréco-macédoniens, héritiers d’Alexandre le Grand qui s’étaient installés si durablement dans les territoires des Pakistan et Afghanistan actuels. Comment les premières représentations de Bouddha sous forme humaine trouvent en l’art grec (hellénistique) une source majeure. Je suis passionné de ces acculturations, quand des cultures différentes s’influencent les unes, les autres pour parvenir à des évolutions nouvelles, bref, j’adore quand ces cures de diversité créative l’emportent sur la méfiance, le rejet, le repli et trop souvent la haine.

 

L’art du syncrétisme

 

Guimet nous offre cet accès à ces spiritualités entremêlées. Sans verser dans une naïveté écervelée, le drame des Rohingyas nous le rappelle avec force aujourd’hui, l’Asie possède cette originalité de mélanger les religions et différentes visions de la vie afin de permettre à chacun de trouver sa voie. La spiritualité chinoise mélange ainsi avec intelligence les rites anciens (le culte des ancêtres), avec les apports de bouddhisme venu d’Inde, la pensée confucianiste et le taoïsme sans oublier les apports discrets du christianisme et de l’islam. Le résultat est étonnant, il est ainsi possible et même fréquent de pouvoir adhérer à plusieurs religions. Curiosité paradoxale vu depuis nos traditions occidentales mais parfaitement résumée par ce proverbe bouddhiste “Il y a plusieurs sentiers pour gravir la montagne mais, du sommet, on les voit tous ».

Le Japon, pays fermé par excellence connaît également une spiritualité à la fois si ouverte aux influences et en même temps si unique et nationale. La visite de l’archipel, un de mes fantasmes, promet la visite de site shintoïstes (Miyajima et Ise), bouddhistes (Kyoto) et chrétiens dont douze lieux (Sud-Ouest) sont intégrés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2018.
« on naît shintoïste, on vit confucianiste et on meurt bouddhiste  » dicton japonais.

Guimet est ce musée des diversités : l’art vietnamien influencé par la vassalité à la Chine pendant plus de 1000 ans ou encore ce voyage de Bouddha, dont la spiritualité s’est quasiment éteinte dans ses terres d’origines pour évoluer sous bien des formes en Chine, à Bali et bien sûr en Asie du Sud-Est.

 

L’art du bonheur

 

L’Asie du Sud-Est constitue justement la part du musée que je vénère, qui peut tous nous ressourcer. Si vous avez un coup de blues, voici le rendez-vous parfait, le rez de chaussée de Guimet et ses statues de toutes tailles. Debout, assises, dansantes, posées ou tenant encore avec fermeté un serpent à sept têtes… toutes les statues sourient, et le sourire irradie jusqu’à l’âme, comment ne pas sourire à notre tour ?

Ma belle me relit le sourire moqueur et me rappelle pourtant à l’ordre. Bien plus profane qu’elle, là où je vois un sourire communicatif, il n’existe en réalité qu’un demi-sourire. Un demi-sourire comme doux reflet d’une paix intérieure et c’est bien la force du message à retenir.

Il faudrait un Guimet dans toutes les villes, cela nous éviterait de regarder Chantons sous la pluie pour gommer tout coup au moral.

 

J’ai toujours la sensation que prendre des photos dans des musées ne sert à rien (ou presque car idiot invétéré j’en fais quand même). Ici, je me suis amusé à capturer les sourires, compilés et observés, ils me rendent plus léger.

 

Les fables de la Fontaine… au Pakistan

 

Pour finir, une petite exposition temporaire étonnante et si représentative de l’esprit du musée.
Félix Feuillet de Conches (1798-1887), diplomate français, passionné par La Fontaine, s’était mis cette brillante idée en tête : illustrer les célèbres fables de notre auteur français par des artistes disséminés partout sur le globe. Par l’intermédiaire d’un militaire français, Jean-François Allard, vétéran des guerres napoléoniennes et alors au service du roi sikh du Panjâb Ranjît Singh (j’adore ces aventuriers du bout du monde), l’artiste indien Imam Bakhsh a illustré de nombreux textes du poète avec son art si particulier. Le résultat, des illustrations miniatures qui mélangent orient et occident dans une nouvelle forme de rencontre étonnante… un délice.

 

 

L’instant Romane – 9 ans

 

La sérénité version Romane

Armée de son appareil photo bleu, elle a mitraillée un peu, puis s’est revigorée avec le Canon de papa… avant de s’éteindre progressivement.

 

Revitalisée par ses jouets postés avec soin à côté de certaines statuettes, elle a vite été reprise par la sécurité.

 

Comme on ne fait pas toujours les choses bien, ce n’est qu’après la visite que j’ai pris connaissance d’un livret pour enfants.

 

 

En savoir plus

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