Les lieux de mémoire
Expériences

Parcourir les lieux de mémoire pour rester en contact avec l’humanité
avec ce qu’elle porte d’atrocités mais aussi d’espoir, de combat et de solidarité.
Hanté par ces questions, je les parcoure.

Je crois au bonheur, je le vis au maximum. Je crois en l’humanité donc je crois aux liens qui nous unissent. Je crois à la force de la collectivité, j’ai participé à de nombreux projets humanitaires, sociaux, économiques ou culturels. Je crois à la civilisation, au progrès, j’ai pris quelques chemins pour y apporter une bien modeste participation.

Pourtant, l’histoire de l’humanité s’accompagne des crimes les plus atroces, qu’ils soient tournés contre une part de l’humanité, l’humanité toute entière ou la planète.

 

Une obsession maladive face à ce que je ne comprends pas

 

Je suis passionné d’histoire depuis tout petit, marqué par les mythologies du monde entier, je devinais derrière chaque mythe une part d’humanité ou d’inhumanité. Je suis passé à l’histoire des événements à l’histoire du temps long. J’y ai vu les grandes victoires collectives pour que chaque personne de cette humanité puisse trouver sa place en toute dignité.

Je l’avoue bien naïvement : je ne comprends pas l’inhumanité, je ne comprends pas les crimes de masse, ni les autres crimes non plus d’ailleurs, je ne comprends pas la haine, ni la peur de la différence, je ne comprends pas le refus de la compassion ni l’abandon de personnes qui ont besoin de solidarité ou simplement d’un regard.

 

Je comprends bien les mécanismes qui mènent aux actes inhumains. Averroès le disait avec justesse : « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence… voilà l’équation ». Ca ne suffit pas, comprendre le mécanisme n’est pas comprendre l’acte… je n’y arrive pas.

 

J’ai besoin de voir, d’imaginer, de saisir ce dont je suis incapable. Je ressens le devoir de ne rien oublier et de garder à l’esprit tout ce dont l’homme est capable contre l’homme (je garde le masculin volontairement tellement les crimes sont si souvent commis par le même genre même si ce n’est pas exclusif). Je reste persuadé que ce que l’homme a fait, il peut le reproduire que ce soit humain ou criminel. Sans doute est-ce en partie maladif mais j’espère que c’est également salutaire. J’ai peur de la peur et peur de ce qu’elle engendre.

Ainsi, je lis. Des livres, des témoignages. Connus et universels comme Si c’est un homme de Primo Levi ou simplement le témoignage d’une proche dans l’une des plus grandes épreuves que l’on puisse connaître. Ado, je regardais De Nuremberg à Nuremberg tous les ans. C’est si facile et confortable d’oublier.

 

Des monuments aux morts aux lieux de mémoire

 

Le premier lieu de mémoire évident est érigé dans chaque commune française. Les monuments aux morts rappellent les sacrifices des combattants. J’ai toujours été marqué par les noms qui apparaissent à plusieurs reprises sur la même stèle, une famille touchée plusieurs fois par le malheur (dans l’esprit d’il faut sauver le soldat Ryan).

En 1ère, nous sommes partis en voyage scolaire en Alsace. Aujourd’hui, je ne me souviens de rien sinon de la visite du Struthof, camp de concentration nazi sur le territoire pris à la France en 1940. Je fus marqué par le lieu, le froid, les textes et les témoignages. J’ai eu l’occasion quelques années plus tard de visiter le camp pour femmes de Ravensbruck.

Depuis, j’intègre cette question de la mémoire à quelques voyages.

 

Comment rester respectueux des lieux ?

 

Ces lieux sont avant tout des lieux de recueillement. Il est indispensable d’être accompagné, pédagogiquement, afin de comprendre les mécanismes et de tenter de ressentir une parcelle de l’horreur. Cependant, Le plus important et le plus respectueux reste le silence. Partager en silence. Se projeter dans le silence.

Au delà du silence et par extension de notre comportement sur ces lieux se pose également la question de ce que l’on emmène avec nous et ce que l’on partage. Ma conviction consiste à privilégier les photos ou vidéos nues sans personne, ou alors de dos, afin de marquer une présence discrète qui marque le respect, la rencontre et le recueillement, comme cette photo en haut de l’article avec Romane, de dos, devant une école de filles d’Oradour sur Glane, village martyr.

 

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