Inalco : la passion de l’autre
Rencontres

L’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, au doux surnom de Langues O’
fut le plus bel et riche établissement dans lequel j’ai travaillé :
Plein de défauts mais tellement plein d’humanisme.

J’ai besoin de sens pour bien travailler, pour croire en ce que je fais, pour mettre de l’énergie créative dans un projet. L’Inalco donne ce sens et transpire la passion, la passion de l’autre, la curiosité, la richesse et quelque part l’unité dans la diversité, ce qui dans un monde qui se referme propose un lieu de résistance et de bienveillance.

 

Un texte en forme de manifeste

 

J’ai eu l’occasion de mener un très beau projet menant à la définition de l’identité de l’Inalco. Le point de départ : décrire l’ambition du lieu en regard des passions et des engagements de ses membres. Bref, réduire en quelques mots l’essence du lieu et le révéler à lui même. Voici ce que ça a donné, après de nombreux entretiens merveilleux :

« Nous avons la passion de l’autre, sa langue, sa civilisation,
sa culture, sa pensée, mais aussi ses traditions, ses codes,
sa façon de se voir, ou de nous voir.

Nous sommes l’institut des rencontres entre tous les mondes.

Nous sommes une ressource unique pour vous
permettre d’échanger, dans la différence, culturellement,
socialement et professionnellement. Nous sommes le lieu
de la découverte et de la maîtrise
d’une centaine de langues et civilisations. »

 

Une curiosité jamais rassasiée

 

Ce qui m’a marqué, c’est l’engagement de chacun. Si on peut faire d’une passion un métier tant mieux mais cela va tellement au delà ici. Avec 200 manifestations culturelles et scientifiques chaque année consacrées aux langues et civilisations orientales, tout est fait pour nous immerger ailleurs, partout… véritable centre culturel des orients. On vient apprendre le japonais mais on ne ratera pas une manifestation sur le farsi, si belle langue perse.

J’ai nourri cette curiosité à travers la création d’un magazine, d’événements culturels et autres contenus éditoriaux amusants.

 

 

Cette bienveillance qui nous manque

 

Je suis viscéralement attaché à l’humanité et à l’humanisme. Une de mes limites intellectuelles et émotionnelles tient dans l’incompréhension de tout ce qui concoure à la nier, à la combattre et à la détruire. Cette incapacité me mène souvent sur des lieux de mémoire. Ici la curiosité de chaque membre nous conduit à une ouverture extraordinaire… c’est sans fin.

On découvre que les Inuits, peuple le plus nordique de la planète, avait très peu de chiffres dans leur langue car ils sont loin, sur les terres de glace, de la multitude. Mais la multitude est arrivée avec les occidentaux et il a bien fallu trouver des mots nouveaux. Comment dire 7 quand les seuls chiffres offerts par la langue sont 1, 2, 3, 4, 5, 10 et 20 (les 5 doigts de la main, les deux mains, la totalité des doigts et des orteils). 7 se dit « pas tout à fait 2 x 4« . A côté de cela, ils ont 20 mots pour qualifier la couleur de la neige !

 

 

La dessinatrice qui a compris l’esprit

caroleperret.com

Merci Carole Perret

 

 

 

« Votre rencontre avec le monde » fut la signature qui résumait imparfaitement cette ambiance unique. Cette rencontre n’était pas toujours angélique :

 

  • impossible d’organiser un nouvel an lunaire avec les étudiants en turc, kurde ou arabe
  • impossible d’organiser une exposition et des rencontres sur les ouighours sans voir les professeurs chinois (Han) déambuler avec suspission
  • impossible d’organiser une projection d’un documentaire arménien sans une intervention belliqueuse de l’ambassade d’Azerbaïdjan
  • impossible de faire venir un professeur de Corée de Nord sans une réaction épidermique de sud-corréens
  • impossible de faire venir le Dalaï Lama sans une remontrance de la Chine

 

Ce ne sont que quelques exemples vécus en trois ans bien démonstratifs de la passion qui habite les lieux. L’on m’a raconté bien des anecdotes de ce que je n’ai pas vécu et que je n’oserai retranscrire ici formellement mais ça parle de duels, de russes blancs, de coups d’états et autres étrangetés.

 

Pas de meilleur endroit pour faire le tour des mondes.

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