Étranges sensations devant le mur de la paix de Belfast
Expériences

Lieu historique au malaise persistant.
Ce mur sépare toujours les quartiers catholiques et protestants.
Les portes semblent plus ouvertes que les cœurs.

Roadtrip de 17 jours en Irlande
Ghislain (43), Amélie (39), Lalie (13) et Romane (8)

Equipement : Canon Eos 550D + DJI Osmo mobile 2 + Samsung S8

 

Après une journée à Belfast avec le Titanic et le Botanic Garden. Nous voilà à nouveau sur le départ. Mais impossible de faire l’impasse sur cette première étape du jour. Visite repoussée par deux quinquas irlandaises rencontrées la veille dans un vieux pub de la ville, nous nous levons un peu tôt afin de longer des deux côtés le fameux mur de la paix, nom probablement ironique tellement les tensions ont été exacerbées sur cette frontière séparant les quartiers catholiques et protestants.

 

De la fierté de part et d’autre

 

Nous sommes arrivés du côté protestant où flottent fièrement de très (trop ?) nombreux drapeaux du Royaume Uni et de l’Irlande du Nord. Ce fut la seule fois où je nous sens regardé de travers en Irlande. Il est vrai que nous sommes des étrangers venus respirer une forme de tension toujours vive. Nous ne sommes pas au Zoo, nous n’avons pas de regard condescendant, nous ne portons pas de jugement mais j’avoue que je suis attiré par les lieux de mémoire et si ce mur n’en incarne pas le sens premier, il transpire tellement qu’il en est assurément un.

 

célébration unioniste incendiée

Mur de la paix ou de la séparation

Une place pour le street art

 

Cette tension nous accompagne des deux côtés de cette « frontière » qui est équipée pour se refermer à tout moment si la nécessité l’exigeait. Du côté protestant, je sens une forme d’aridité et de méfiance très pesante. De nombreux murs célèbrent, avec militantisme, la fidélité à la royauté et au Royaume Uni. Nous sommes à la limite de la provocation, d’ailleurs quelques tentatives d’incendie ont laissé des marques d’une égale intolérance de membres du camp adverse.

 

Célébration des combattants pour une Irlande unie

 

Quand nous pénétrons dans le quartier catholique par une des rares portes sinistres du mur, l’ambiance change tellement que nous avons la sensation de changer de pays, d’entrer en République d’Irlande dont les drapeaux flottent partout à leur tour. La vie y est incroyablement vivante. Nous avons la sensation d’entrer dans une enclave. Nous découvrons le siège du Sin Fein et sa gigantesque fresque en hommage à ses membres morts de faim dans les prisons britanniques.

 

 

Plus loin, nous restons un moment dans un mémorial dédié aux combattants de l’unification de l’Irlande. Cette célébration ouverte, assumée et surtout tolérée par Londres est incroyablement étonnante. D’un côté ce sont des héros, de l’autre ce sont des terroristes… et c’est là, ouvert devant nous… au Royaume Uni.

 

 

Cette visite révèle un malaise étrange, pleine de tensions. Quelque part c’est fascinant mais c’est un des derniers endroits où je souhaiterai vivre en Irlande. Pour autant, nous avons dormi avec plaisir dans le quartier populaire catholique.

 

Demain, un (tout) petit peu d’aventure aux Gobbins et à Carrick.

 


 

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