Poitiers : traces de résistance
Humanités

Romane nous interpelle brusquement « je connais ces codes sur les murs ! » 
Elle reconnut les codes de Radio-Londres, pendant la seconde guerre mondiale.
Les résistants se soulevaient contre l’occupant pour donner honneur et victoire à la France.

Ghislain (45) et Romane (10)
Equipement : DJI Osmo Pocket

Esprit de résistance !

 

Toujours aussi obsédé par humanisme, humanité et mémoire, il existe un lieu qui n’en est pas vraiment un que j’affectionne particulièrement. Il s’agit d’un carrefour particulier à Poitiers dans le quartier du Pont neuf entre le centre-ville et le campus universitaire. Il ne s’agit pas exactement d’un lieu de mémoire où on se rappelle des événements qui s’y sont produits mais plutôt d’une célébration, d’un hommage, positif, vivant, alerte sur les liens entre résistants en France et Radio Londres : « les français parlent aux français« . Il s’agit, bien sûr, de la seconde guerre mondiale.

 

J’imagine que l’idée de l’artiste Christian Robert-Tissot était de rendre vivant ce moment de l’histoire de France.

Des engagements forts et puissants et pourtant souvent anonymes par nécessité. Une époque de déchirement interne car la France était loin d’être acquise aux résistants. Des vies risquées, des vies perdues. Tous les éléments d’un drame bien vécu dans un des moments les plus sombres de notre histoire. Alors que tout semblait acquis aux vainqueurs, quelque uns, quelques fous, quelques justes, quelques courageux, pensaient au contraire que la bête pouvait être renversée.

 

Des codes pour se battre

 

L’artiste doit aimer autant les mots que moi sinon plus. J’ai toujours adoré, dans mon travail, les utiliser autant comme des éléments de sens que des éléments graphiques. Il me semble, au regard du travail de l’artiste, que nous partageons cette obsession.

Ici, pas de portrait, pas de dessin, pas de reproduction graphique, juste des mots, blancs sur fond rouge, sur fond sang. des mots, ceux de Radio Londres, ces ordres pour animer la résistance.

 

D’un seul coup… des textes vous sautent au visage

 

 

« La vache saute par dessus la lune »

 

J’imagine qu’il a dû faire des choix difficiles au moment d’éliminer encore quelques morceaux choisis parmi les 50 000 messages de Radio Londres, pour garder les phrases qui lui semblaient les plus poétiques :  » La vache saute par dessus la lune », « Les girafes ne portent pas de faux cols », « Demain, la mélasse deviendra du Cognac », « L’acide rougit le tournesol », « Le canapé est au milieu du salon », on embrasse presque le dadaisme dans des phrases qui ne prendraient sens que dans des dessins animés de Gibli. Mélanger guerre et poésie, brutalité et légèreté, mort et créativité. Une audace bien française que l’on prendrait pour du french flair ou plutôt du french touch.

 

Pour mon grand père, le message fut « Méfiez vous du Toréador » le 5 juin 1944, l’appel au soulèvement généralisé et intensifié en Provence est lancé pour accompagner les débarquements alliés en France. Prêt et entraîné depuis longtemps dans le maquis par Jacques Lécuyer, son instructeur de Saint Cyr (alors déplacé à Aix en Provence en zone libre), il s’est levé et s’est battu avec quelques milliers d’autres dont certains ont eu moins de chance que lui et n’ont pu voir la fin de la guerre et de l’occupation. Lui l’a eu, sinon, je ne pourrais pas écrire ces lignes.

 

L’instant Romane – 10 ans

 

 J’ai étudié et fais une chorale sur la 2nde Guerre mondiale en CM1,et quand je suis passée ici, j’ai tout de suite reconnu les codes qu’utilisaient les résistants. Ils les utilisaient pour mettre des mines ou saboter des trains d’armement etc… Sans que les allemands le sachent. S’ils disaient, à la radio, « allez faire sautez le train de ***** », les allemands le sauraient et empêcheraient de le faire, mais avec ces codes comme « les girafes ne portes pas de faux cols » ou « l’acide rougit le tournesol » etc…  Les allemands ne peuvent pas savoir ce que veulent dire ces codes. Moi dans mes cours on disait « la fraise est dans son jus » et aussi les autres phrases citées avant. Les messages codés étaient diffusés par la radio, les résistants  attendaient les signaux (les codes) pour pouvoir faire les sabotages.

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